NOTICE SUR LE MUSEE MAÇONNIQUE DE LA LOGEUNION et TRAVAIL à l’Or de Genève.PUBLIE A L’OCCASION DU Congrès international de la Franc-maçonnerie réuni à Genève du 5 au 8 septembre 5902 PAR Paul-Ch. STROEHLIN
Extraits :
But et origine du Musée maçonnique. La franc-maçonnerie actuelle, digne héritière du passé, ne s’immobilise pas dans de pures pratiques rituelliques t dans les travaux de banquets, mais s’efforce toujours d’être digne des époques qui l’ont précédée. Autrefois, en effet, nos pères, en butte à toutes les persécutions, ont lutté continuellement pour obtenir une à une les libertés fondamentales sans lesquelles nous ne pourrions vivre aujourd’hui. Notre rôle est de continuer à maintenir ce qui a été lentement conquis, de répandre l’instruction et la saine morale, de contribuer à l’étude scientifique et pratique des questions sociales et de pratiquer les vertus philanthropiques à la base de notre ordre.
_____________________________________________ Le premier but que nous avons eu en créant nos collections a donc été d'étudier le passé et de le faire revivre par un groupement d'objets rappelant notre histoire. La formation d'une archive-bibliothèque permettra l'énumération de faits antérieurs en donnant à nos frères les moyens d'utiliser des documents authentiques et inédits. C’est donc en rassemblant tous les objets anciens ayant un rapport avec la franc-maçonnerie ou aux sociétés analogues ainsi qu'aux ennemis de notre association que nous créerons le matériel indispensable à nos études. Le second but est de fournir à ceux qui s'occupent de la vie actuelle et des questions sociales, les moyens d'étude et les documents nécessaires aux bases de leurs enquêtes. Nous formerons donc des bibliothèques et des recueils de documents sur chaque question étudiée dans nos Loges, en ayant soin de faire toujours une large place à nos adversaires pour pouvoir discuter avantageusement. Le Musée de la Loge U  & T  est donc composé de deux parties distinctes. La première comprend l'histoire. La franc-maçonnerie, des sociétés secrètes, des sciences, occultes ou hermétiques jusqu'à nos jours. La seconde est une archive du travail sur toutes les questions intéressant l’activité de la franc-maçonnerie actuelle. Nous ne croyons pas qu'aucune Loge ou puissance maçonnique ait encore entrepris de former une institution du genre de la seconde partie de notre Musée et nous attirons spécialement l'attention sur l'importance d'un pareil groupement de documents. _____________________________________________
A Londres, il existe même depuis le 12 janvier 5886, une Loge s'occupant spécialement d'études historiques et publiant deux séries de mémoires consacrés soit à l'histoire de la maçonnerie, soit à la réédition d'anciens livres rares, soit à la publication des principaux manuscrits concernant notre ordre. Cette Loge toute spéciale est intitulée « Quatuor- Coronati Lodge N° 2076 in London)). Elle a rendu déjà d'immenses services et s'assure le concours des maçons étrangers en leur conférant le titre de correspondant.
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Malheureusement, notre Loge Union et Travail est la dernière née à l'Orient de Genève ; sa fondation ne remonte qu’à 5884. Si nous sommes tous vaillants et fervents pour le principe maçonnique, travaillant chacun dans sa sphère à l'avancement de la bonne cause, nous devons reconnaître qu'il nous manque la meilleure arme du siècle pour réussir pleinement : celle de gros revenus. Le Musée maçonnique n'est qu’un complément intellectuel de notre activité. Notre Loge, composée surtout de frères ayant à lutter pour leur existence et ne possédant pas de fortune, doit consacrer toutes ses cotisations à l'accomplissement des nécessités philanthropiques et pratiques. Le Musée recueille et accumule ce que l'on veut bien lui confier, mais son manque absolu de ressources financières le force souvent à se priver d'importants documents. Nous avons pu cependant dans un espace de temps relativement court grouper dans notre Musée une foule de pièces curieuses et intéressantes, grâce aux dons généreux des frères de l'atelier et de nombreux amis, frères isolés, Loges et Grandes Loges qui ne nous ménagent pas leurs sympathies. Notre Musée a été fondé en 1886 sur la proposition de l'auteur de ces lignes, qui a cédé pour sa fondation une partie de ses collections personnelles, surtout en bijoux, diplômes, médailles et livres. Ces collections se sont tellement accrues que le moment n'est pas loin où il nous faudra demander à l'atelier de nous accorder un local plus vaste. Nous espérons que la modeste exposition, faite à l'occasion de ce congrès, permettra aux visiteurs de se rendre compte de l’importance de nos collections et qu'en retournant dans leurs Orients, ils voudront bien faire part à leurs frères de nos intentions et de notre but. Bien franchement et fraternellement, comme de bons et fidèles maçons, les frères de notre atelier vous tendent la main en vous demandant de leur envoyer ce qu'ils ne peuvent acquérir à prix d’argent, c'est-à-dire de nouveaux documents anciens et modernes, les bijoux et des diplômes, des notices et des manuscrits, ce pourquoi et par avance nous les en remercions.
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Le programme de notre entreprise est certainement très vaste et ne pourra s'accomplir avec les seules ressources d'un petit groupement local. En contribuant à l'accroissement de nos collections, nos frères pourraient réaliser l'un des buts futurs du Bureau international de la maçonnerie ; cela déchargerait aussi cette institution d'un soin assez absorbant et lui permettrait de se consacrer entièrement à sa correspondance et à ses publications. Le conservateur du Musée maç  sera à la disposition des frères qui désireront de plus amples détails sur les objets exposés. Le manque de place dans le temple et le peu de temps que nous avons pu consacrer à cette installation nous ont forcé de réduire l'exposition des objets au choix des meilleures pièces. Genève, 3 septembre 5902.
PAUL-CH. STROEHLIN
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